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mardi 12 juillet 2016

Sans traces apparentes - Elisa Tixen



Sans traces apparentes par Tixen

Auteur : Elisa Tixen
Editions : La Rémanence
Collection : Le Labo
Nombre de pages :  312 p.
Date de parution : Juillet 2015
 
Terminé le 10 juillet 2016
4,5 étoiles

La courbe se profilait sous les yeux de Charlie, à deux cents mètres sur sa droite.

4ème de couverture :

Après la mort brutale de son compagnon, Charlie se réfugie chez sa grand-mère, au cœur de la forêt landaise. Alors qu'elle espérait retrouver la paix, elle découvre dans la vie de ses ancêtres une série de morts tragiques qui font écho à sa propre histoire. Coïncidences ou malédiction ? Charlie refuse de laisser de vieux secrets de famille peser sur son avenir. Elle remonte le temps, à la recherche de la vérité, entraînant le lecteur dans une enquête "psycho-généalogique" aux nombreux rebondissements.

Mon avis :

Un tout grand merci aux Editions de la Rémanence et à Babelio pour cette Masse critique qui m'a permis de découvrir une nouvelle auteure ainsi qu'une nouvelle maison d'édition.

Avant de débuter ce livre, j'étais en panne de lecture et j'avais un peu peur de ne pas réussir à lire le livre dans les délais. Dès les premières pages, j'ai su que ce ne serait pas le cas et le lendemain, je l'avais terminé.
On suit l'histoire de Charlie et elle nous invite à partager son histoire et celle de ses ancêtres. Qu'une des héroïnes ait le même prénom que moi m'a probablement aidé à bien rentrer dans le récit. J'ai voulu découvrir ce qui lui était arrivé et d'où venait cette malédiction qui pèse sur la famille. J'ai trouvé les relations entre Charlie et l'invité de sa grand-maman ainsi qu'avec cette dernière très touchantes. J'ai beaucoup aimé qu'ils se lancent ensemble dans l'aventure suite à la découverte des mystères de la famille.

Le gros gros plus, c'est qu'avec le livre, j'ai reçu un marque-page qui contient l'arbre généalogique de la famille de Charlie. J'ai pu régulièrement m'y référer comme je ne suis absolument pas douée pour retenir les noms et les relations entre chacun.

Tout au long du récit, on découvre chacune des femmes de la famille et leurs histoires qui semblent se répéter. On prend connaissance d'une prophétie qui semble régler leur vie. On y rencontre des légendes et des sorcières. On se surprend à croire en une malédiction puis on tente de se raisonner. Durant toute l'histoire, j'ai eu l'impression de faire partie de la famille ou du groupe. J'ai apprécié l'amitié et la complémentarité entre Charlie et ses amies, Laura et Gaëlle.

Petit à petit, le récit soulève des pans de l'histoire et tout devient bien plus clair. J'ai aussi bien aimé que le livre ne soit pas centré sur Charlie et son deuil, même si j'aurais aimé que sa douleur soit un peu plus présente, car j'ai eu l'impression qu'on survolait un peu ce volet de l'histoire.

Mais, j'ai été happée par le texte et j'ai absolument voulu savoir si tout se finirait bien pour la famille de Charlie. J'ai beaucoup aimé le dénouement car au moment de fermer le livre, j'ai eu l'impression d'avoir toutes les réponses à mes questions. Je ne vous en dis pas plus, mais je ne peux que vous encourager à le lire, car c'est un livre qui mérite d'être plus connu !

Je pense que je vais aller voir les autres publications de cette auteure mais également le catalogue des éditions de la Rémanence.

Encore un immense merci pour cette belle découverte qui m'a sortie de ma panne de lecture !

Au fil des pages :

Tu es un grain de sable, unique et magnifique. Sans ta présence ici et maintenant, la dune ne serait pas tout à fait la même.


A croire que vous les filles, vous ne pouvez pas activer vos neurones sans faire marcher votre langue.
 

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dimanche 22 mai 2016

Le temps est assassin - Michel Bussi


Auteur : Michel Bussi
Editeur : Les Presses de la Cité
Date de parution : 4 mai 2016
Nombre de pages : 531 pages

Lu en avril 2016
4.5 étoiles



4ème de couverture :
Été 1989
La Corse, presqu’île de Revellatta, entre mer et montagne. Une route en corniche, un ravin de vingt mètres, une voiture qui roule trop vite… et bascule dans le vide. Une seule survivante : Clotilde, quinze ans. Ses parents et son frère sont morts sous ses yeux.
Été 2016
Clotilde revient pour la première fois sur les lieux de l’accident, avec son mari et sa fille ado, pour exorciser le passé. A l'endroit même où elle a passé son dernier été avec ses parents, elle reçoit une lettre. Une lettre signée de sa mère.
Vivante ?

Mon avis :
Quand j'ai reçu le mail me proposant de participer à une MC privilégiée, je n'en croyais pas mes yeux et quand j'ai reçu la confirmation, j'étais comme un enfant au matin de Noël. J'ai découvert Bussi avec N'oublier jamais (la chronique que j'avais fait en son temps sur PartageLecture), car je suis tombée en amour avec la couverture et depuis je les ai tous lus ou presque…
Quel plaisir de découvrir en primeur le nouvel ouvrage de Michel Bussi qui est et restera encore un peu (beaucoup ?) mon auteur préféré !
Les livres de Bussi sont pour moi des livres voyageurs pour deux raisons.
D'abord, lors de la lecture, je pars en voyage avec lui, de la Normandie à La Réunion et cette fois, sur l'Île de Beauté que je ne connais pas du tout. Mais grâce à ses descriptions on s'y croit et on s'y voit. On s'imagine en vacances, sur la plage, au milieu des dauphins. On a envie de s'y promener, de découvrir l'île et son maquis.
Puis, lorsque j'ai tourné la dernière page, je ne peux pas ranger ces livres dans ma bibliothèque car je veux les faire voyager et les faire découvrir à mes amis. D'ailleurs, tous mes exemplaires sont actuellement ailleurs, chez différents amis.
Le temps est assassin ne sera pas l'exception : il m'a fait voyager et je le ferai voyager !
Cette fois, le livre est centré autour non pas d'un personnage mais d'un objet : le journal intime écrit par Clotilde lors de l'été de ses 15 ans, l'été où tout a basculé. On a tous un jour ou l'autre tenu un journal et de mon côté, ça m'a renvoyé quelques années en arrière et j'ai plongé avec plaisir dans cette douce nostalgie.
On comprend vite que tout tourne autour de ce journal et que le dénouement se trouvera dans ces quelques pages.  

"Le puits de sa mémoire était désespérément sec. Peut-être la solution se trouvait-elle inscrite dans son journal intime de l'été 89, ce cahier qu'elle avait noirci jusqu'aux dernières secondes passées sur le banc d'Arcanu ? Peut-être avait-elle protégé ses souvenirs en les cachant dans ce cahier ? Peut-être, à l'inverse, ne contenait-il rien, ou de pures inventions, celles d'une ado menteuse, jalouse et frustrée. Celle qu'elle était."

On découvre aussi rapidement que ce journal s'est retrouvé dans les mains d'une autre personne, mais qui ? Si vous avez déjà lu du Bussi, vous savez qu'on ne découvrira le nom du nouveau possesseur que dans les dernières pages.
J'ai beaucoup aimé les allers-retours entre passé et présent, entre la Clotilde d'avant jeune et insouciante et la Clotilde d'aujourd'hui, femme et mère, ainsi que les petites phrases du lecteur inconnu. La manière dont Clotilde rédige son journal est aussi intéressante car elle s'adresse directement à son lecteur du futur, comme si elle savait que quelqu'un allait se plonger dans son journal. Je pensais rédiger ma chronique dans le même genre, puis j'ai réfléchi et je n'étais pas apte à imiter le style de Bussi alors je me suis rabattue sur une chronique ordinaire.

J'ai dévoré ce livre, dont l'histoire ne démarre pas aussi rapidement que d'autres livres du même auteur. Il y a un certain nombre de pages pour que l'histoire se mette en place et qu'on rencontre les acteurs de 1989 et ceux de 2016.
Et en trame de fond, cette question : Qui envoie des courriers à Clotilde ? Mais avec cette question en vient une autre : Que s'est-il passé lors de cet été 1989 ? Rassurez-vous, le lecteur aura toutes ses réponses !
Voulant connaître le fin mot de l'histoire, j'ai profité de mon voyage en train pour dévorer ce livre.
J'ai bien cru qu'il y avait une incohérence lors d'une des révélations du récit et je me suis faite avoir comme une bleue une fois encore ! Et je dois à nouveau reconnaître que je suis incapable de deviner où veut nous emmener Michel Bussi et j'ai été happée par l'histoire.


"Dans les romans qui osent inventer des histoires aussi surréalistes que la sienne, on s'aperçoit au fil des pages que l'héroïne est folle, qu'elle souffre de schizophrénie, d'un dédoublement de personnalité, que ces courriers qui lui sont adressés, elle les a inventés, elle les écrit elle-même, elle…"

Je regrette par contre un tout petit peu que le dénouement soit trop rapide, j'aurais préféré qu'il soit un peu plus lent. Il est aussi moins rocambolesque que dans certains autres de ses récits.
J'ai par contre bien apprécié que l'histoire ne s'arrête pas au dénouement final mais qu'on partage encore un peu le quotidien de Clotilde, comme si l'auteur nous permettait de finir l'été avec elle, et peut-être même plus.

Le petit plus, c'est la place importante donnée à la musique et pour ça, je vous invite à aller guigner la playlist proposée par l'auteur, qui a accompagné toute ma lecture et m'a renvoyé plus de 15 ans en arrière.

En résumé, un livre que je recommande à tous les fans de Bussi mais aussi aux autre qui voudraient découvrir cet auteur.

Un immense merci aux éditions Les Presses de la Cité et au site Babelio pour cet envoi privilégié

Citations :




"Tout ce que je sais, c'est que je suis heureuse, qu'il ne manque personne autour de moi, que tout le monde est là, comme si en cinquante ans, rien n'avait changé, comme si personne n'était mort, comme si au bout du compte, le temps qui passe, peut-être qu'il est innocent, peut-être qu'on se trompe en l'accusant, en le traitant d'assassin…

*

**

Son regard glissa sur le vide.

Le journal se terminait par ce mot.

Assassin

Il le relut une dernière fois puis il referma le cahier."
 

 

Et vous, l'avez-vous lu ? Est-ce que je vous ai donné envie de le découvrir ?

dimanche 21 février 2016

La tente rouge - Anita Diamant




Auteur : Anita Diamant
Editeur : Charleston
Titre original : The red tent
Date de parution : janvier 2016 (première édition : 1997)
Nombre de pages : 412 p.

Terminé le 14 février 2016
4,5 étoiles

Nous avons perdu contact depuis si longtemps ! Mon nom ne vous dit rien. Mon souvenir est poussière.

4ème de couverture :

1 500 av. J.-C., aux confins du désert.
Dina, la seule fille de Jacob, un puissant patriarche, vit dans l'ombre de la tente rouge, cet endroit interdit aux hommes où les femmes de la tribu échangent secrets et rites ancestraux. Ainsi goûte-t-elle, très jeune, aux fruits défendus : une liberté et une indépendance inimaginables au temps de la Bible.
Devenue femme à son tour, Dina succombe aux délices de l'amour et se donne à Shalem, l'homme qu'elle aime, bravant ainsi les interdits de son clan. Cela, les fils de Jacob ne peuvent l'admettre. Par une nuit d'épouvante, le destin de Dina bascule.
Pour survivre, elle est contrainte de se réfugier en Egypte, et d'enfouir dans sa mémoire les secrets de sa jeunesse. Parviendra-t-elle un jour à vivre pleinement ?

Mon avis :

Merci à Babelio et aux EditionsCharleston pour cette Masse Critique.

J'ai postulé pour ce livre car la réécriture d'histoires connues me plait et car j'aime découvrir ce qu'un auteur lit entre les lignes d'un texte connu. Et dans le cas de ce livre, j'ai beaucoup apprécié ce que j'y ai trouvé !

Toute l'histoire tourne autour de Dina, l'unique fille de Jacob. Le livre est partagé en 3 parties : la première durant laquelle Dina nous parle de sa mère et de ses tantes; la seconde qui raconte son histoire puis la troisième qui parle de son départ et de sa vie en Egypte. Le récit est d'ailleurs écrit à la première personne, ce qui n'est pas du tout dérangeant. Ce livre traite en effet de l'importance de la transmission de l'histoire d'une personne ou d'une famille. Comme Dina s'exprime en "je", on a l'impression qu'elle nous raconte son histoire, comme une confidence, qu'elle nous l'offre et la confie comme un cadeau précieux. Le prologue est d'ailleurs parlant à ce sujet et on ressent la peine qu'a Dina d'être "devenue une note en bas de page".

Le récit nous fait donc voyager dans l'histoire de cette famille, à travers les générations et cela m'a particulièrement plu. On y découvre la vie et les coutumes à cette époque dans ces régions sèches. Certains éléments sont vérifiés, d'autres sortent de l'imaginaire de l'auteure comme elle l'explique ici. Ce que j'ai apprécié c'est que cette histoire est vue par les femmes de la tribu, celles à qui on donnait peu d'importance à l'époque.

J'ai apprécié la manière dont a été abordée la question religieuse. En effet, on prend conscience que plusieurs croyances se côtoient : certains louent des divinités, d'autres un seul dieu. Certains rites de passage diffèrent quant à l'âge notamment de la circoncision. Cette fresque de l'époque m'a beaucoup plu.

S'agissant de l'histoire de Dina, on la suit dans son quotidien depuis sa naissance, ses premières expériences, le départ de sa famille pour le pays de Canaan, ses premiers émois jusqu'au drame. Ensuite, on l'accompagne dans sa tentative de reconstruction, de nouveau départ, sans qu'elle ne puisse raconter son histoire, ce qui la fait souffrir car pour elle "Se souvenir semble donc être une tâche sacrée".

L'histoire m'a touchée et j'ai fermé le livre à regret, ayant un peu l'impression d'avoir fait partie durant un moment de leur famille et de leur histoire.

Pour conclure, je trouve que la phrase du Los Angeles Times figurant en 4ème de couverture résume parfaitement ce récit :

"Ce livre célèbre les femmes et les filles, ainsi que les mystères de la vie."

Et je dirais même plus : ce livre est un hymne à la femme.

dimanche 24 janvier 2016

Robe de marié - Pierre Lemaître



Auteur : Pierre Lemaître
Edition : Le Livre de poche
Collection : Thriller
Date de parution : 20 janvier 2010
Lu entre le 21 et le 23 janvier 2016
320 pages
Coup de coeur

Assise par terre, le dos contre le mur, les jambes allongées, haletante.

4ème de couverture :

Nul n’est à l’abri de la folie. Sophie, une jeune femme qui mène une existence paisible, commence à sombrer lentement dans la démence : mille petits signes inquiétants s’accumulent puis tout s’accélère. Est-elle responsable de la mort de sa belle-mère, de celle de son mari infirme ? Peu à peu, elle se retrouve impliquée dans plusieurs meurtres dont, curieusement, elle n’a aucun souvenir. Alors, désespérée mais lucide, elle organise sa fuite, elle va changer de nom, de vie, se marier, mais son douloureux passé la rattrape… L’ombre de Hitchcock et de Brian de Palma plane sur ce thriller diabolique.

Mon avis :

Ce livre ! Quel livre !!! Merci au forum pour l'envoi de ce bouquin reçu grâce aux Points des quizz sur PartageLecture ! Un excellent choix d'Elyuna ! Je l'ai rapidement sorti de ma Pàl grâce à la lecture commune de janvier 2016 sur Babelio...
Le roman est découpé en 4 parties, mais dès la première ligne, j'ai su que je ne pourrai m'arrêter qu'une fois lu le dernier mot. Un page-turner excellent !
Ne le commencez pas si vous ne disposez pas de beaucoup de temps devant vous pour le finir !
Ecrire mon avis va être compliqué sans révéler un bout de l'histoire… Si vous craignez un spoiler : pas la peine de continuer de lire mon avis, filez lire le livre tout de suite !!!
On est happé par l'histoire de Sophie qu'on rencontre alors qu'elle souffre déjà de folie et dont plusieurs proches ont trouvé la mort. On la suit dans son quotidien puis dans sa cavale, jusqu'à la mise en place de son plan pour "disparaître" définitivement de la circulation. Mais Sophie oublie.
La deuxième partie est écrite sous la forme d'un journal intime et on en découvre un peu plus sur le passé de Sophie. J'ai bien aimé cette différence de rédaction qui donne un ton différent à l'histoire. On en apprend beaucoup durant cette partie sur Sophie et sa folie, sur comment elle en est arrivée là. Certaines choses deviennent plus claires, plus évidentes.
Dans les troisièmes et quatrième parties, on entre dans le vif de l'histoire avec des histoires de manipulation et de vengeance. C'est machiavélique ! Mais je ne vous en dis pas plus pour ne pas trop vous en dévoiler. Tout ce que je peux vous dire c'est que c'est brillamment mené, formidablement bien construit et que le dénouement est très bien amené !
J'ai eu de la peine à cerner le personnage de Sophie au départ mais peu à peu je me suis attachée à elle, même si elle paraît tout à fait parano par moment (à tort ou à raison...). On entre dans les tréfonds des âmes, certaines particulièrement noires et perverses.
Et puis à la fin, on comprend enfin l'orthographe du titre !
C'est mon premier coup de cœur de l'année et j'espère qu'il sera suivi par plein d'autres et peut-être même d'autres de cet auteur que je vais suivre attentivement.
Et qui sait, je deviendrai peut-être fan de thriller s'ils sont tous de cette qualité !

Avez-vous un autre livre de cet auteur à me conseiller ?